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Voir les baleines les pieds sur terre

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9 juillet 2009 par Marie-Josée Guerin


Publié le 07 juillet 2009 à 05h00
Sylvain Desmeules, collaboration spéciale Le Soleil

(Tadoussac) Le souffle d’une baleine qui vous fait sursauter ou encore la plongée d’un cétacé exhibant fièrement sa queue. Mieux encore, l’apparition du mystique rorqual bleu. Voilà des scènes magiques auxquelles tous rêvent d’assister, un spectacle qui peut être vu… gratuitement et bien assis sur la terre ferme!

Depuis lundi, on fait la promotion du Réseau d’observation sur la Route des baleines sur la Côte-Nord, soit 12 endroits répartis sur 245 kilomètres de côte, entre Tadoussac et Baie-Trinité.

«L’instauration du réseau d’observation des mammifères marins à partir de la rive vise à diversifier l’offre touristique alors que la région désire se tourner vers un tourisme plus durable», explique Karine Otis, chargée de projet au Comité ZIP de la rive nord de l’estuaire, promoteur de ce réseau.

Pour Patrice Corbeil, directeur du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), «c’est une autre expérience que le bateau». Avons-nous une garantie de succès? «Je dirais que oui, si tu as la recette, c’est-à-dire avoir du temps», dit-il, rappelant que «les baleines, c’est un monde de surprises».

Le sentier de la pointe de l’Islet à Tadoussac est certes l’endroit le plus populaire où déjà les visiteurs sont nombreux sur les côtes rocheuses. Mais pour M. Corbeil, «Pointe-des-Monts est mon endroit préféré. C’est une longue pointe de 11 kilomètres où tu vis vraiment et tu sens les éléments. Cinquante pour cent des sites sont déjà connus, les autres sont des secrets dévoilés».

Douze sites identifiés

Sacré-Coeur, Bergeronnes, Les Escoumins, Portneuf-sur-Mer, Colombier, Ragueneau, Baie-Comeau, Franquelin, Godbout et Baie-Trinité sont autant de secteurs où des sites, accessibles gratuitement, permettent l’observation. Des endroits connus et exploités ont été intégrés au parcours, tels que ceux du Parc marin du Saguenay?Saint-Laurent, du Jardin des glaciers (Baie-Comeau) ou du Phare de Pointe-des-Monts.

Ce projet de 80 000 $, financé notamment par le Programme fédéral d’intendance des habitats et des espèces en péril, comprend une deuxième phase où on souhaite en faire la promotion à l’échelle nationale. «Le Réseau propose un type d’observation dont les impacts sur l’habitat des mammifères marins sont quasi nuls», justifie Mme Otis.

Une brochure explicative décrit chacun des sites, comment y accéder, ce qu’on peut y observer, ainsi que des informations pertinentes sur les 13 espèces de cétacés qui fréquentent le Saint-Laurent, dont 6 possèdent un statut de protection. Un affichage particulier (baleine blanche sur fond bleu gradué) annonce les sites.

Un complément aux croisières

Si l’ATR Manicouagan est partenaire du projet, c’est qu’elle est convaincue qu’il s’agit d’un produit différent et complémentaire aux navires. «Nous avons eu des questionnements. La première chose qu’on a dite, c’est qu’il ne faut pas que ça remplace les croisiéristes. Ils sont là pour rester et ils opèrent avec des règles. L’important, c’est que les visiteurs puissent découvrir nos richesses… En visitant un site terrestre, peut-être que ça incitera à prendre une croisière pour en savoir plus», a commenté Grétha Fougères, directrice adjointe à l’ATR.

L’un des croisiéristes joints est de cet avis. «Il faut le voir comme un complément. Déjà, le parc marin fait la promotion de cette activité [Cap-de-Bon-Désir] et ça n’a pas vraiment d’impacts négatifs», a commenté Sophie Brisson, porte-parole du Groupe Dufour.

Patrice Corbeil estime que l’industrie des croisiéristes a évolué au fil des ans pour devenir davantage responsable. Actuellement, l’industrie embarque entre 250 000 et 300 000 passagers. Dans le fjord, 59 permis d’observation des baleines étaient accordés, lesquels étaient partagés entre 16 compagnies occupant cinq ports d’attache.

Rappelons que ZIP, promoteur de ce projet, signifie Zone d’intervention prioritaire. Le mandat de cet organisme sans but lucratif est de promouvoir la conservation et la protection du territoire.

par Marie-Josée Guérin tourisme@tadoussac.com

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